Un « CHU nouvelle génération » attendu à Toulouse

Le CHU de Toulouse soutenu par l’Inserm, le CNRS et l’université Paul-Sabatier, espère accueillir dans les mois à venir un Institut hospitalo-universitaire (IHU). Cet établissement a pour objectif d’accélérer la recherche médicale sur une thématique précise, pour laquelle Toulouse a choisi la prévention de la dépendance, le vieillissement en santé et la médecine régénératrice. Un établissement qui pourrait faire rayonner Toulouse sur la scène mondiale.

Après Bordeaux, Marseille, Strasbourg et Paris (qui compte trois IHU, ndlr), Toulouse sera-t-elle la prochaine ville à accueillir un Institut hospitalo-universitaire, ou IHU ? Quelle est la différence entre un centre hospitalier universitaire (CHU) et ces établissements dont les premiers ont vu le jour en France dès 2010 ?

« Nous avons 32 CHU en France auxquels il est demandé l’excellence dans le soin, la formation, la recherche et l’innovation en même temps, ce qui est impossible. Ces IHU, que l’on peut qualifier de CHU nouvelle génération, sont en réalité des CHU spécialisés sur une thématique spécifique et unique. L’objectif est d’avoir l’excellence dans les soins et la formation avec les CHU, ce qu’ils font très bien actuellement, et disposer de l’excellence dans la recherche et l’innovation avec les IHU », décrit le professeur Vellas, en charge du volet clinique du projet toulousain.

Ces « CHU nouvelle génération » doivent associer une université, un établissement de santé et un établissement de recherche autour d’une thématique unique. Dans le cadre du dossier toulousain, baptisé Inspire, le CHU de Toulouse, l’Inserm, le CNRS et l’université Paul-Sabatier se sont associés pour fonder un établissement qui devra innover médicalement parlant sur la thématique de la prévention à la dépendance, du vieillissement et de la médecine régénératrice.

Plus de 1 000 personnes mobilisées et un besoin de 12 000 m2

« Nous nous sommes placés sur cette thématique car le vieillissement de la population est un des grands enjeux de santé publique. C’est une thématique très importante pour laquelle Toulouse est déjà reconnue pour ses travaux en la matière grâce notamment au gérontopôle du CHU de Toulouse, fondé en 2007 et dont je suis le président. Il vient d’ailleurs d’être nommé comme centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la fragilité, la recherche clinique et la formation en gériatrie. Une vraie reconnaissance pour tout le travail effectué depuis sa création », explique le professeur Vellas, qui veut fonder l’un des principaux pôles mondiaux du domaine avec cet IHU.

Ainsi, l’objectif est de regrouper les forces vives des quatre acteurs qui portent le dossier Inspire dans un bâtiment construit spécialement pour accueillir l’IHU sur le site de Langlade, site où sont déjà présents l’Oncopole, Sanofi et les laboratoires Pierre Fabre notamment. Une proximité qui doit permettre de nouer des partenariats avec des acteurs privés de l’industrie pharmaceutique et des startups pour accélérer la recherche, l’innovation et la mise au point de nouveaux traitements dans les années à venir.

Cependant, en ce qui concerne sa géolocalisation, « d’autres options que le site de Langlade sont à l’étude. Il y a un besoin de surface de 12 000 m2 pour ce pôle très important », précise Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie en charge du développement économique, de la recherche, de l’innovation et de l’enseignement supérieur. À noter que les Laboratoires Pierre Fabre sont prêts à mettre à disposition leurs locaux comme solution transitoire.

Le futur établissement accueillera dans ses murs 300 personnes en permanence : personnels soignants, médecins, chercheurs, scientifiques et patients uniquement pour de la médecine ambulatoire. Mais au total, entre 1 000 et 1 200 personnes travailleront pour cet IHU, médecins généralistes et infirmières indépendantes étant également mobilisés pour suivre des patients à domicile. « L’IHU n’est pas un établissement destiné à faire du soin, mais vraiment de la recherche fondamentale avec de nombreux laboratoires sur place », rappelle le professeur Vellas.

Les élus locaux soutiennent le projet

Ce dossier Inspire mobilise les élus locaux, de Toulouse Métropole à la Région Occitanie en passant par le Département, qui tiennent des réunions régulièrement avec les porteurs du projet. Les trois institutions veulent cet IHU à Toulouse et le font savoir à divers degrés.

Sous l’impulsion de Daniel Rougé, adjoint au maire de Toulouse en charge notamment des relations avec les acteurs de santé institutionnels, le groupe Métropole d’Avenir a présenté lors du conseil de Toulouse Métropole du mardi 3 octobre 2017 un vœu en faveur de la création d’un IHU sur le campus de l’Oncopole de Toulouse.  Une marque de soutien votée unanimement par tous, quel que soit le parti politique, « un geste fort », insiste Daniel Rougé. Avant de continuer : « ce regroupement des forces de recherche peut-être un levier économique terrible et faire rayonner Toulouse et sa région sur la scène mondiale. Toulouse Métropole veut soutenir financièrement cet IHU et espère que le Département et la Région suivront ».

Du côté du Département de la Haute-Garonne, on préfère ne pas se précipiter.

« Pour l’instant, on ne nous a pas présenté un dossier finançable et c’est normal, ce ne sont que les prémices du projet. Nous attendons qu’on nous propose un dossier suffisamment mûri avant d’apporter un éventuel soutien financier. Mais bien sûr que le Département souhaite l’arrivée de cet IHU sur le territoire », assure Georges Méric, le président du Département de Haute-Garonne.

L’institution régionale elle, soutient la candidature toulousaine, mais regrette l’absence de candidature commune avec Montpellier.

« L’accueil d’un tel établissement sur le territoire est important, surtout sur une thématique comme celle du vieillissement de la population, qui représente des marchés économiques extrêmement forts et qui concerne toute la société. Nous regrettons cependant l’impossibilité de faire une candidature commune avec Montpellier, une hypothèse qui nous a été refusé par le Commissariat général à l’investissement, établissement qui gère les dotations reversées aux IHU. Mais cela n’empêche pas la Région de soutenir le dossier de Toulouse et celui de Montpellier. En ce qui concerne Toulouse, s’il est retenu, nous apporterons certainement notre soutien financier sur le besoin bâtimentaire de cet IHU », affirme Nadia Pellefigue.

En effet, les villes répondent à un appel à projets lancé par l’Agence nationale de la recherche qui prendra fin le 15 décembre 2017. Problème, l’appel à projets initial devait faire naître quatre IHU pour une enveloppe totale de 200 millions d’euros répartis entre les candidats retenus. Finalement, l’enveloppe a fondu, et ce ne sont plus que deux IHU qui seront créés pour une enveloppe de 100 millions d’euros. Toulouse espère être retenu et obtenir une subvention de 35 à 55 millions d’euros, parmi la vingtaine de candidatures pressenties. Après une évaluation par un jury de renommée mondiale sur la scène scientifique, le verdict est attendu pour mai 2018.

Source La Tribune Toulouse – 15 11 2017

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