Santé et intelligence artificielle : « Allo algo… bobo ! »

Les algorithmes vont-ils demain remplacer nos médecins traitants ? L’intelligence artificielle ouvre des perspectives gigantesques dans le domaine de la santé, qualifié de prioritaire par le récent rapport Villani.

Pourra-t-on demain prédire l’apparition ou l’évolution d’une maladie comme le cancer ? Un robot remplacera-t-il un chirurgien pour faire l’ablation d’une tumeur ? En attendant de vivre ces scénarii (peut-être pas si lointains), de nombreux algorithmes se mettent déjà au service de la médecine. Associés à des objets connectés ou de la robotique, capables de brasser des milliers de données, ils s’imposent peu à peu comme des outils d’aide au diagnostic en dermatologie et ophtalmologie, deux secteurs prometteurs. Dans cette course à l’innovation, les entreprises d’Occitanie ne sont pas en reste. À Toulouse, Pixience, fondée par Sébastien Mangéruca et Alexandre Delalleau, anciens cadres des laboratoires Pierre Fabre, commercialise C-Cube, un dermoscope capable de détecter des cancers cutanés de façon précoce grâce à des photographies réalisées en très haute résolution au contact de la peau.

L’algorithme du vilain petit canard

« C-Cube garantit des détails sur des images que l’on ne verrait pas à l’oeil nu grâce à un grossissement par 80 », explique Alexandre Delalleau, directeur général et technique de Pixience. Utilisé par une centaine de dermatologues en France, le dispositif constitue aussi une base de données de clichés qui permet au médecin de surveiller les évolutions de chaque lésion. Il sait enfin, grâce à l’algorithme « du vilain petit canard » comparer pour un même patient dix ou vingt grains de beauté et détecter celui qui ne ressemble pas aux autres. Pixience cherche actuellement à perfectionner son algorithme pour délivrer directement aux médecins un pourcentage de risques sur certaines pathologies et développer un second dispositif d’aide au dépistage à destination des pharmaciens.

À Montpellier, Wefight, fondée en 2017 par Benoît Brouard, a choisi le créneau de l’empowerment des patients avec Vik, un chatbot qui répond grâce à l’IA aux questions des personnes atteintes de maladies graves et/ou chroniques (cancer du sein, asthme, dépression, migraine).
« Vik ne crée par de réponses à la volée mais elle comprend et code les questions posées à l’écrit, puis cherche la bonne réponse rédigée par des médecins et pharmaciens dans une base de données », décrit Benoît Brouard. Aujourd’hui capable de répondre à un millier de questions, Vik s’enrichit au fur et à mesure des nouvelles interrogations et personnalise les réponses selon les types de cancers par exemple.

Source Touleco – 16/04/2019

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