Pylote fait disparaître les conservateurs des produits

La Dépèche, publié le 22/03/2016 à 08:33

La PME toulousaine a mis au point une technologie issue de la chimie verte basée sur des microsphères céramiques capables de faire barrage aux bactéries. Pylote vient de lever 2 M€.

pylote-logo-toulouseC’est une véritable révolution industrielle qui se prépare chez Pylote. La PME installée à Dremil Lafage près de Toulouse capitalise sur sa découverte réaliser dans la chimie verte : la mise au point de microsphères minérales qui emmagasinent des propriétés innovantes afin par exemple de faire disparaître les conservateurs des produits cosmétiques, de l’alimentaire ou dans le médical.

Applicables à de nombreux produits de consommation courante, ces microsphères minérales sont intégrables dans les emballages et permettent de créer une véritable barrière aux bactéries. «L’effet Pylote qui est stocké dans les microsphères en céramique fonctionne à l’image de la pierre d’Alun : le caillou va générer des éléments pour détruire les bactéries qui pourraient se développer dans le produit» illustre Loïc Marchin, le cofondateur de Pylote. Cette technologie permet aux industriels de diminuer fortement voire de faire disparaître totalement les conservateurs dans leurs produits qui provoquent chez certaines personnes des effets secondaires. Dans le domaine de la pharmacie, une des premières applications se concentre sur les compte-gouttes ophtalmiques très sensibles à la contamination bactérienne. Jusqu’à présent, des conservateurs sont rajoutés pour garantir la stérilité de la solution liquide mais ils peuvent notamment provoquer la cécité. Avec la technologie toulousaine Pylote, c’est le flacon qui détruit lui-même toute bactérie sans ajout de produits chimique. La PME toulousaine a la possibilité de répondre aux besoins de l’industrie ophtalmique soit 100 millions de gouttes par an.

«Pylote aide les industriels à rendre plus propres leurs produits qui se passent de la chimie» complète Loïc Marchin.

Cette innovation vient d’ailleurs de recevoir en février le prix du salon européen Pharmapack. Cette technologie de rupture a été distinguée pour ses capacités mais aussi pour sa facilité de mise en œuvre. Les microsphères sont intégrées très facilement dans l’emballage (flacon, boîte, récipient, dispositif médical…) sans que le fabricant du contenant ne change son processus industriel.

Deux millions d’euros levés

Les industries de la pharmacie, de la cosmétique comme L’Oréal ou de l’alimentaire sont intéressées par cette technologie. D’autres applications sont possibles dans le secteur de l’énergie notamment. Les microsphères développent alors des capacités d’isolation thermique. «Isoler tout en allégeant la masse c’est une équation qui séduit l’aéronautique avec qui nous sommes en contact» dévoile aussi Loïc Marchin. Les industriels de l’électroménager confrontés au durcissement des règles de consommation d’énergie font aussi partie des cibles de Pylote. Les marchés qui s’ouvrent à la PME toulousaine sont gigantesques. à lui seul celui de l’ophtalmologie pèse des milliards. Dans le modèle économique de Pylote c’est le flaconneur qui manipulera les micro-sphères pour les incorporer aux emballages en échange d’une licence d’utilisation. Pylote vient de lever deux millions d’euros auprès des fonds d’investissement Auriga Partners et Galia Gestion afin d’accélérer le déploiement commercial en Europe.


Un spin-off du CNRS

Le développement de la technologie Pylote a nécessité six ans de recherches. La société est issue d’un spin-off du CNRS et a d’abord été hébergée par l’incubateur Midi-Pyrénées. La PME emploie déjà quatre salariés ; ils seront «huit à dix» d’ici la fin du premier trimestre et une quinzaine fin 2017. Cette année, la société doit réaliser quelques centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires avant d’atteindre la barre du million l’an prochain. Le management réfléchit à une seconde levée de fonds.

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