Pixience à la conquête des pharmacies, avant les hôpitaux

Après les dermatologues, puis les laboratoires, Pixience va proposer un produit à destination des pharmacies, avant les hôpitaux par la suite. (Crédits : DR) La startup toulousaine Pixience prépare sa première levée de fonds de 1,8 million d’euros pour soutenir la commercialisation d’une innovation. À partir de 2019, l’entreprise va lancer sur le marché un dispositif permettant aux pharmaciens de faire un test de peau aux clients en quelques minutes. Cette nouveauté doit permettre aux officines de prescrire aux clients les produits les mieux adaptés à chacun. Mais Pixience a d’autres clientèles en ligne de mire comme les hôpitaux.

Un test de peau en seulement quelques minutes, réalisable en pharmacie. Voici ce que va proposer dès 2019 la startup toulousaine Pixience. Grâce à des photos de peau en haute définition prises par un petit appareil, le dispositif, Pharma expert, analysera quatorze critères pour faire un diagnostic rapidement. Cette innovation permettra aux personnels des officines d’adresser les produits de santé les mieux adaptés à chaque client.

« Ce modèle est une version simplifiée de celui qui est déjà proposé aux laboratoires (C-Cube, ndlr) », selon le président de Pixience, Sébastien Mangeruca.

En effet, C-Cube permet aux laboratoires d’évaluer l’efficacité de leurs produits durant les phases de tests. Aujourd’hui, 25 laboratoires et centres de recherches, dont 20% à l’étranger, utilisent l’outil proposé par Pixience. Une performance honorable qui s’explique par le fait que c’est le premier marché visé par la startup lors de son lancement en 2013.

Intégration d’intelligence artificielle

Pour autant, Pixience ne se contente pas de toucher les pharmacies et les laboratoires. Depuis deux ans, elle commercialise également un dispositif similaire à destination des dermatologues. En plus des diagnostics de peau, son produit aide ces professionnels dans le suivi de leurs patients.

Par la suite, l’entreprise souhaite intégrer de l’intelligence artificielle au C-Cube des dermatologues. L’objectif de ce prochain développement est qu’à partir de photos de peau, le logiciel puisse évaluer l’urgence de la situation afin d’indiquer les patients à recevoir en priorité.

« Mais nous ne remplacerons pas le dermatologue, tient à rassurer Sébastien Mangeruca. Le patient devra toujours le rencontrer au final. Nous voulons juste l’aider à s’organiser ».

Dans la même optique, Pixience souhaite mettre au point un système pour les hôpitaux car « ils sont débordés », estime Sébastien Mangeruca.

18 millions de pixels

Pour séduire tous ces acteurs de la santé et du milieu pharmaceutique, de quelle(s) avancée(s) technologique(s) disposent Pixience ? Par rapport à ses concurrents, la startup proposeraient des clichés de meilleure qualité.

« Nous avons 18 millions de pixels sur deux centimètres de peau, une représentation des couleurs plus fidèle à la réalité que nos concurrents, et nos clichés sont en 3D, ce qui permet d’observer la profondeur des pores de la peau », détaille Sébastien Mangeruca.

C’est d’ailleurs l’une des raisons à l’origine de la création de Pixience. Les six fondateurs de l’entreprise travaillaient tous dans les laboratoires Pierre Fabre lorsqu’ils se sont intéressés au sujet après des discussions avec des dermatologues. « Il y avait un manque de maîtrise du traitement des images dans la dermatologie », se souvient le chef d’entreprise. En accord avec leur employeur, ils décident alors de quitter le laboratoire pour créer la startup Pixience et se pencher sur ce problème.

Une demi-douzaine de recrutement à venir

Désormais, leurs innovations sont parvenues à conquérir leurs clientèles cibles, mais tout reste à faire pour la nouvelle à destination des pharmacies, Pharma expert. Alors, pour avoir une meilleure force commerciale lors de sa prochaine entrée sur le marché, Pixience prépare la première levée de fonds de son histoire d’un montant de 1,8 million d’euros.

Cette opération devrait être finalisée dans le courant du premier semestre 2019, auprès d’investisseurs déjà implantés dans le milieu pharmaceutique. Avec ces futurs fonds, la startup qui emploie actuellement cinq salariés (dont quatre de ses fondateurs), prévoit également le recrutement de six personnes.

« Nous recruterons surtout des commerciaux et des ingénieurs », précise Sébastien Mangeruca.

Une fois l’équipe étoffée, l’entreprise a l’ambition de vendre 300 dispositifs de l’ensemble de sa gamme de produits au cours de l’année 2019. Sans vouloir communiquer sur ses performances commerciales actuelles, le dirigeant explique que cela représente un doublement des ventes actuelles. Néanmoins, la startup table sur un chiffre d’affaires de 600 000 euros pour l’année 2018. Un résultat deux fois supérieur à celui de l’année précédente.

 

Source – La Tribune 13/11/2018

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