La startup Dendris part à l’assaut des bactéries

Le prix des lycéens, décerné par le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation, vient de récompenser le projet Securi-dial. Porté par l’entreprise toulousaine Dendris, ce programme a pour but de simplifier la détection et l’analyse des bactéries lors des contrôles agroalimentaires. Une invention importante, dans un marché de la sécurité alimentaire très sensible.

 

650 lycéens ont distingué, le 26 mars dernier, le projet Securi-dial lors de l’assemblée générale d’Agri Sud-Ouest Innovation (pole de compétitivité dédié à l’agroalimentaire et basé à Toulouse). Cette technologie innovante propose un système plus efficace de détection des bactéries lors de contrôles agroalimentaires.

« C’est un marché important, sensible. Il y a régulièrement des incidents. Nous estimons que les méthodes de contrôles actuelles présentent de nombreuses lacunes. C’est ce qui nous a conduit à nous lancer dans ce projet », explique Michel Corbarieu, le président de Dendris, la startup toulousaine en charge de Securi-dial.

Un système plus cher mais plus sécurisant

Avec Securi-dial, une seule manipulation permettra de diagnostiquer la présence de 7 bactéries différentes. Une avancée qui réduit fortement le temps d’analyse. Les laboratoires pourront délivrer les résultats en moins de 48 heures contre 3 à 5 jours avec les méthodes actuelles.

Par ailleurs, les industriels des produits laitiers, de la viande ou encore des plats préparés ne soumettent que très rarement leurs produits à l’analyse de ces 7 bactéries puisque ce n’est pas une obligation. Cette nouvelle méthode assurera donc un meilleur contrôle. Au lieu de rechercher seulement une ou deux bactéries, les 7 seront étudiées en même temps, ce qui limitera la possible présence d’agents pathogènes. Un élément peut cependant freiner les industriels : le coût. Cette manipulation est plus onéreuse qu’une simple analyse.

« Il va donc falloir faire évoluer les modes de pensées des industriels pour qu’ils acceptent d’avoir recours à plusieurs analyses en une, et donc de payer un peu plus cher mais pour des résultats plus fiables. Les laboratoires aussi vont devoir se familiariser avec cette nouvelle technique. Un temps d’adaptation sera nécessaire », développe Michel Corbarieu

Une innovation née en Midi-Pyrénées

Labéllisé en 2010, le projet Securi-dial est le fruit d’un partenariat entre Dendris, deux laboratoires publics et deux laboratoires d’analyse agroalimentaire. La découverte d’une molécule, quelques années plus tôt, par des chercheurs toulousains, a conduit les 5 associés de Midi-Pyrénées à se lancer dans l’aventure et à fonder la startup Dendris. Le coût global du projet est fixé à 1,6 million d’euros : l’État subventionne à hauteur de 900 000 euros, le reste est pris en charge par les associés de Dendris et les partenaires.

Au cœur de cette technologie, des biopuces, mises au point par Dendris, qui se concentrent sur l’ADN pour diagnostiquer les bactéries. Depuis près de quatre ans, les scientifiques de la startup travaillent sur ces recherches génétiques. Les derniers essais sont réalisés à partir d’échantillons de produits industriels. Les résultats peuvent ainsi être comparés à ceux obtenus par les méthodes déjà homologuées et utilisées dans l’industrie lors du contrôle de ces mêmes produits.

Une commercialisation en 2016

Dendris arrive à la fin du développement de son innovation. Les gestionnaires discutent désormais avec les investisseurs au sujet de la phase d’industrialisation et de commercialisation. « C’est une étape souvent plus délicate et difficile à financer », ajoute le président de Dendris. Le produit sera destiné aux professionnels des filières laitières et carnées principalement : des industriels et des laboratoires agréés pour les contrôles indépendants. « Si nous arrivons à boucler la levée de fonds, le produit pourrait arriver sur le marché dès 2016 », conclut Michel Corbarieu. Sécuri-dial pourrait ainsi être le premier produit commercialisé par la startup toulousaine qui travaille par ailleurs sur une innovation dans le domaine médical.

Source : La Tribune – 16 avril 2015

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