Depuis Toulouse, Tesalys se déploie sur le marché français

 Déjà commercialisée au Moyen-Orient et en Afrique, la technologie développée par Tesalys pour traiter les déchets à risque infectieux fait ses premiers pas sur le marché français. Une machine est en test depuis novembre à la clinique des Minimes à Toulouse.

Après un démarrage fin 2013 à l’international, Tesalys commence à déployer ses équipements pour le traitement des déchets d’activité de soins à risque infectieux (Dasri) sur le marché français. La société, qui conçoit et assemble ses machines à Toulouse, n’attendait plus que l’homologation des ministères de la Santé et de l’Écologie pour franchir cette nouvelle étape. En novembre, une installation pilote a été mise en place à la Clinique des Minimes, établissement dédié aux personnes âgées qui a ouvert en 2013.

L’objectif est dans un premier temps la prise en charge de six tonnes de déchets par an. Déjà utilisée par un laboratoire d’analyse en Guyane française, la technologie Tesalys devrait être bientôt testée dans une autre clinique de la région toulousaine. « Nous compterons quatre à cinq installations pilotes début 2016. Cela va nous permettre d’adapter le produit au marché et de décider aussi de quelle façon nous allons commercialiser nos équipements, en vente ou en location », explique Miquel Lozano, président de la société.

Réduire les déchets à la source

Actuellement, Tesalys produit une vingtaine de machines par mois, capables de broyer et de décontaminer en trente minutes les déchets biomédicaux de toutes sortes produits par les hôpitaux, les cliniques ou encore les laboratoires d’analyse et les centres d’hémodialyse. Stérilisés à 135° dans ces machines d’une capacité de 20 ou 40 litres, pansements, seringues, aiguilles, plastiques de laboratoire, verre, tuyaux ou contenants rigides ressortent sous forme de « confettis » inertes de 1 cm qui peuvent rejoindre les circuits classiques des déchets ménagers.

La société emploie dix personnes entre ses trois sites, son show-room à Saint-Jean, son atelier de montage à Toulouse et son siège social, basé à Lyon depuis l’entrée dans son capital de fonds régionaux établis en Rhône-Alpes. Le développement de Tesalys s’est accéléré en 2014 grâce à une levée de fonds d’1 million d’euros auprès de la société de gestion parisienne Entrepreneur Venture, complétée par un prêt participatif d’amorçage de bpifrance de 500.000 euros. Les deux fondateurs de Tesalys Patrick et Emmanuel Hengl, auxquels se sont associés Miquel Lozano et Jean-Michel Rodriguez restent les actionnaires de référence de la société.

Un marché mondial

Alors que l’Organisation mondiale de la santé préconise de recourir à d’autres techniques que l’incinération pour le traitement des déchets à risque infectieux, Tesalys entend conserver son « avantage face aux concurrents qui émergent » « Nous avons été les premiers sur ce marché et nous sommes identifiés comme leader sur le segment des machines de petite capacité », explique Miquel Lozano.

La jeune société qui a réalisé un chiffre d’affaires de 2,1 millions d’euros en 2014, affiche un carnet de commandes en hausse de 20% en 2015 et des débouchés sur les cinq continents. Le marché du traitement des déchets biomédicaux est en effet évalué à l’échelle mondiale à 10 milliards de dollars à l’horizon 2018 et celui des Dasri à 1,5 milliards.
Johanna Decorse

Sur la photo : Depuis sa création en 2012, Tesalys a vendu quelque 150 machines dans vingt-deux pays. Photo DR

http://www.touleco.fr/Tesalys-se-deploie-sur-le-marche-francais,18011

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