InvivoGen. Après les États-Unis la PME s’implante à Hong Kong

Après la création d’InvivoGen Limited en février 2014, une petite équipe de quatre personnes s’est installée dans 100 m² de bureaux au sein d’un parc scientifique hongkongais.

Il y a un an, l’entreprise de biotechs InvivoGen a créé une filiale à Hong Kong pour couvrir le marché chinois, en essor dans son domaine-cible : les réactifs en immunologie innée. Elle a également abandonné son nom d’origine Cayla pour adopter celui de sa marque InvivoGen.

« L’Asie ? Nous y travaillons depuis longtemps via des distributeurs , raconte Éric Perouzel, directeur des opérations d’InvivoGen. On a commencé par le Japon, puis la Corée du Sud, et la Chine depuis cinq ans. » La Chine, qui vit depuis le milieu des années 2000 une explosion du marché de l’immunologie innée. InvivoGen, justement, vend aux chercheurs de laboratoires spécialisés dans l’immunologie innée les réactifs nécessaires pour réaliser leurs travaux de recherche. Un tournant pour cette PME de 90 personnes (70 à Toulouse et 15 aux États-Unis), qui après une activité de services puis de vente de produits en microbiologie, s’est spécialisée dans les années 2000 sur ce secteur. Près de 80 % de son chiffre d’affaires, qui totalise 23 millions d’euros en 2013 , est réalisé sur ce segment. Avec une forte assise à San Diego en Californie, dans ce coeur mondial des biotechs où elle a implanté en 1997 une filiale, InvivoGen maîtrise aujourd’hui le marché américain avec ses 1.500 références et y réalise 10 millions de dollars de chiffre d’affaires. L’étape suivante, une implantation en Asie, était devenue incontournable. Il s’agissait d’accompagner une forte croissance, notamment dans les pôles biotechs chinois de Shanghai et de Pékin. « Notre chiffre d’affaires réalisé en Chine a doublé de 2012 à 2013, tout en restant assez faible : il fallait s’y installer ! », explique Éric Perouzel.

Hong Kong, « un choix de raison »
L’aventure a démarré il y a dix-huit mois, avec une prospection autour des parcs dédiés aux biotechs chinois aidée par Ubifrance. Après avoir réalisé la complexité d’une installation dans un pays où les pratiques sont « très différentes en termes de recrutement, de business, de langue » et où « les aspects réglementaires et financiers ne sont pas simples », un choix de raison a dû être fait : une installation aux portes de la Chine, à Hong Kong. « C’est plus cher mais on peut commencer à y apprendre les références culturelles de la Chine et cela nous permet d’y avoir un hub logistique pour l’Asie à terme ! » Après la création d’InvivoGen Limited en février 2014, une petite équipe de quatre personnes s’est installée dans 100 m² de bureaux au sein d’un parc scientifique hongkongais. Sa mission : marketing, ventes et distribution sur la Chine et le continent asiatique. « Nous visons un chiffre d’affaires de 800.000 euros en Chine en 2015, il était de 250.000 euros en 2012. » Quant aux frais d’installation de cette filiale, ils se sont élevés à 400.000 euros en 2014. Cette implantation dans le pays de la contrefaçon fait-elle peur à InvivoGen? Pas vraiment, car « il y a beaucoup de savoir-faire derrière chacun de nos produits, élaborés à Toulouse », assure Éric Perouzel. Avec cette extension sur la scène internationale, il était devenu nécessaire au groupe Cayla mondialement connu sous la marque InvivoGen d’unifier son image. Depuis un an, la société dont l’actionnaire majoritaire est Gérard Tiraby – aussi fondateur et président – a abandonné son appellation d’origine.

Les essais cliniques du projet TherGap
En parallèle, la PME poursuit ses activités de recherche au sein de sa filiale InvivoGen Therapeutics, en collaboration avec un laboratoire de l’Inserm et le CHU de Rangueil. Elle a développé un produit de thérapie génique pour traiter le cancer du pancréas. La 1re phase d’essais cliniques du projet TherGap, sur 22 patients, a eu lieu eu 2013. Un premier succès qui sera suivi de la phase 2, fin 2015, sur 80 patients. « Le CHU a financé les essais cliniques, nous avons financé le produit, autour d’1 M€ », précise le directeur de développement. Objectif : trouver à terme un industriel plus gros qui prendra le relais sur la phase 3 et la commercialisation. Avec une clientèle composée de chercheurs, il faut que l’expertise d’InvivoGen soit toujours dans l’excellence… La société investit 30 % de son CA dans sa R&D. Ce dernier était de 10 M€ pour InvivoGen EU et de 10 M$ pour la filiale américaine, avec « une très bonne rentabilité ».

InvivoGen

(Toulouse) Dirigeant : Gérard Tiraby Effectif : 70 salariés à Toulouse, 15 à San Diego, 4 à Hong Kong CA 2013 : 10 M€ en France et 10 M$ aux Etats-Unis 05.62.71.69.39 www.invivogen.com

Le marché Pour estimer le marché de l’immunologie innée dans un pays, InvivoGen se focalise sur le nombre de publications en immunologie dans des revues spécialisées, et établit une corrélation avec le nombre de brevets et la masse d’activités. La Chine, aujourd’hui, explose sur ce marché. Alors que la France et le Japon stagnent à moins de 1.000 publications par an, l’Empire du Milieu en est aujourd’hui à 2.000, et devrait dépasser les Etats-Unis (5.000 en 2014) en 2020, avec quelque 7.500 publications prévues.

1977 Création de Cayla à Toulouse par Gérard Tiraby, docteur en microbiologie 1997 Création de la filiale InvivoGen à San Diego (US) 2013 Succès des premiers essais cliniques sur le cancer du pancréas en collaboration avec l’Inserm et le CHU de Rangueuil 2014Création d’une filiale à Hong Kong avec quatre salariés

Source : http://www.lejournaldesentreprises.com/editions/31/actualite/entreprise-du-mois/invivogen-apres-les-etats-unis-la-pme-s-implante-a-hong-kong-02-01-2015-243105.php

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